lundi 26 mai 2008

La Bourse des Causes de Rabat.



Voici une combine à l’intention des personnes ayant une ambition démesurée, et manquant de moyens (un nom sonnant la noblesse ou/et une fortune familiale) pour grimper l’échelle sociale marocaine ; trouvez-vous une cause, défendez la, et revendez le tout dans la Bourse des Causes de Rabat.

Les analyses des piliers de bar et des terrasses de cafés prévoient à la hausse le cours des causes, sur la base des transactions réalisées ces dernières années, par les socialistes et certains défenseurs des droits de l’homme au profit du makhzen.

Pour réaliser une belle affaire sur la Bourse des Causes de Rabat, la recette est simple ; étudiez le marché des causes, choisissez la plus porteuse, si vous n’en trouvez pas, le mieux c’est d’en monter une adaptée au marché cible. Choisissez une forme juridique adéquate (parti, association…), recrutez des partisans qui partagent vos aspirations, implantez votre siège social à Causes Valley -Rabat pour plus de visibilité, trouvez des canaux de distribution (rue, manifestation, discours…) pour écouler votre cause, et n’oubliez pas d’exploiter les espaces publicitaires offerts par la télé et la presse.

Aussi, vous aurez besoin d’une langue bien diluée, un corps résistant aux coups de matraques, et n’omettez pas de gardez un œil sur vos concurrents opérant dans le secteur des causes.

Faites fructifier votre cause pendant quelques années, et introduisez la dans la Bourse des Causes de Rabat, la culbute est assurée, puisque le makhzen est toujours acheteur. Si vous ne me croyez pas, demandez à tonton Oualalou.
Paroles d'un Zèbre.


mercredi 21 mai 2008

Chacun son festival.

Rabat vit depuis quelques jours aux rythmes du monde comme se plaisent à dire les organisateurs du festival Mawazine.
9 scènes, 100 concerts et tout un tralala, entre temps un festival de matraques guettent les chômeurs manifestent devant le parlement, ils réclament un emploi, et pas n’importe lequel, ils aspirent à des postes au sein de l’administration publique, même avec leurs bac+8, ils croient au mythe de l’emploi à vie et que l’Etat ne licenciera jamais ses fonctionnaires, à l’opposé du privé qui limoge à la moindre crise.

Les scènes de Mawazine sont éparpillées sur toute la ville. Des scènes comme celles de Hay Annahda et Al Qamra sont destinées aux masses. Elles sont gratuites à l’exception des places au pied de la scène, celles-ci sont payantes ou accessibles sur invitation (à la sauce marocaine), comme quoi, voir la gueule d’un artiste de près est un privilège. A 21 h le publique commence à affluer, toutes les rues et les artères deviennent à sens unique, des familles entières, des meutes d’adolescents et des couples arpentent la chaussé, destination la chapelle de l’art où sera célébrée la messe nocturne, les prélats du ouïe ont encore ameuté des fidèles. Durant les concerts les gens s’empiètent, se trémoussent, se chamaillent, certains fument des joints d’autre sifflent…

D’autres scènes comme celle de Chellah sont réservées à ceux qui peuvent payer le billet, ces privilégiés s’y rendent en voiture, ils sont moins nombreux, ils n’ont pas à rester debout durant les concerts, ils s'installent religieusement dans leurs places, feignent la mélomanie et applaudissent au compte gouttes.

Paroles d’un Zèbre.

mardi 13 mai 2008

Une journée de travail au PBPDM.

Qui a dit que se lever tôt est l’augure d’une bonne journée ?

J’ai été contraint de quitter ma douce à 6 h du matin, non, je n’ai pas de compagne pour l’instant, la douce avec laquelle je partage mon lit c’est ma couette. Une raison professionnelle (je n’aime pas ce mot) a avancé l’heur de mon réveil, pour moi qui suis habitué à quitter mon lit à 7h45, c’est un exploit, sachant que l’adorateur du sommeil que je suis, est toujours le premier à arriver sur son lieu de travail, allez savoir comment.

J’avais un train à prendre, destination Casablanca, mission : assister à un séminaire. Le départ est à 7h30 selon le tableau électronique de l’ONCF, vous y ajoutez le fameux bonus –en heurs ou en minutes- accordé par l’Office National des Cons et des Feignants aux heureux retardataires.

Ravi de passer une journée loin de la froideur de mon bureau, je me suis dit que ce séminaire sera l’occasion de rencontres avec de nouvelles personnes, ayant l’expertise dans le domaine de ma compétence.

Le train est enfin arrivé, tout ce beau monde qui l’attendait se précipite pour prendre place, les derniers n’auront qu’à poiroter debout. Une collègue m’attendait à bord, j’ai pris place au siège qu’elle m’a réservé à coté. Le long du voyage on a discuté travail, j’ai essayé de m’informer auprès d’elle sur mes supérieurs, mes collègues et l’institution. Pour une nouvelle recrue comme moi c’est toujours utile de savoir dans quelle eau on va déployer ses nageoires. Destination atteinte après quelques arrêts, sans même annoncer les gares, on a eu un retard de 20 min par rapport aux ‘prévisions de l’ONCF’, à quand la ponctualité des trains suisses ?

Cherchant, moi et ma collègue, à prendre un taxi on s’est heurté à des taximen qui nous proposent des destinations différentes de la notre, les parcours et les destinations sont choisies par les taximen, et si votre destination ne concorde pas avec les leurs, vous n’avez qu’à parcourir quelques centaines de mètres à pieds pour trouver d’autres taxi. On était obligé de longer une artère pour trouver un taxi acceptant de nous amener à l’hôtel où se tiendra le séminaire.

Nous sommes arrivés à l’hôtel à 9h. On pensait être en retard, de plus on s’attendait à une salle de conférence pleine, rien de ça ne fut. Il y avait d’autres personnes en retard nous dit-on. Le formateur nous invite à rejoindre un homme à l’allure d’un golden boy qui assistera lui aussi à cette formation.

En attendant les autres séminaristes, le formateur s’est présenté en insistant sur son MBA obtained in US s.v.p, l’autre homme s’est présenté en disant qu’il travail pour une société de bourse, la relation entre son look bien guindé et son travail m’est apparue naturelle, sans oublier le joujou qu’il pianote, un Black Berry, je n’oserai même pas répondre à un appel devant lui, au risque de montre l’objet qui me sert de téléphone. On s’est présenté moi et ma collègue avec des mots moins sonnants.

Le formateur m’a remis sa carte de visite avec le MBA bien mis en valeur, je n’avais pas une à lui remettre, mon employeur n’en fait pas, il s’en est suivi le dossier de la formation, en le découvrant, ma stupéfaction est sans égale, j’assisterai donc à un séminaire sur « la communication interne », un sujet diamétralement différent de celui annoncé par la fiche de formation que j’ai reçu la vielle. Je signale la bourde au formateur, et devant notre sidération, le formateur a essayé de nous convaincre de la concomitance des deux thèmes, moi qui suis novice dans tout ce boniment, je ne vois aucune liaison entre « communication interne » et « la gestion de la cartographie des risques » le thème initialement prévu.

Après une rafale d’excuses, monsieur MBA a imputé la faute à la personne coordonnant les formations au cabinet dont il est lui-même associé.

Ma collègue téléphone à nos supérieurs pour les informer, en raccrochant elle m’informe qu’on a pour ordre de rappliquer au bureau.